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Un filet mytilicole biodégradable testé par des professionnels normands

06.03.2026
Bretagne & Normandie

Communiqué de presse – Mars 2026

FILL : un filet mytilicole biodégradable est testé actuellement par des professionnels normands

Depuis le mois d’octobre 2025, deux mytiliculteurs normands testent un filet un peu particulier. Contrairement aux filets plastiques utilisés aujourd’hui pour maintenir les moules sur les pieux, les prototypes de filets FILL sont fabriqués à partir de plastique biodégradable. L’objectif des partenaires qui travaillent sur le projet est de maitriser la durée et la fin de vie du filet pour limiter l’impact sur l’environnement.

« Cette idée, explique Jean-Philippe Cousin, dirigeant de la société FILT1860, engagée dans la conception du filet, nous l’avons eu dès 2003, mais la prise de conscience environnementale est arrivée petit à petit. » Le consortium rassemble des partenaires industriels et académiques tels que le plateau technique ComposiTIC de l’Université Bretagne Sud (UBS), Natureplast, FILT1860 et le SMEL qui étaient déjà impliqués dans le projet INdIGO (2020-2023) ayant abouti à un premier prototype de filet mytilicole biodégradable. Dans FILL, l’objectif est d’optimiser et de stabiliser le processus de fabrication et de tester le filet auprès des professionnels. Pour cela, le CETI a intégré le partenariat pour son expertise en filage textile, et le CRC Normandie Hauts-de-France, permet d’impliquer les professionnels pour qui la réduction des déchets représente un enjeu important.

« Il y a une véritable attente des professionnels, précise Enola Brebant du CRC Normandie Haut-de-France, et nous travaillons sur plusieurs projets visant à réduire l’utilisation des plastiques conventionnels ». Mais l’enjeu n’est pas seulement environnemental, il est aussi économique et technique. Le filet doit effectivement garantir une résistance mécanique suffisante. Pour l’instant, les tests menés chaque mois sur les filets en expérimentation sur deux concessions mytilicoles montrent que la résistance est bonne et que ceux-ci ne se sont pas déchirés. De même, le processus de fabrication des prototypes de filet a désormais été stabilisé et le fil produit montre une qualité constante.

Sur le coût, celui-ci est encore difficile à estimer mais l’idée est que ce filet puisse être mis sur le marché d’ici 2 à 3 ans. Une précédente étude menée dans le cadre du projet INdIGO auprès de pêcheurs a montré que la majorité d’entre eux seraient prêts à payer 1 à 10% plus cher pour un filet de pêche biodégradable moins impactant pour l’environnement.

Le lab-STICC, laboratoire de l’UBS impliqué dans le projet, se penche sur l’aspect ergonomique. Julie Lassalle chercheuse et ergonome à l’UBS indique que « si l’on veut que les professionnels s’approprient le filet, il ne doit ni changer les pratiques actuelles ni créer de nouvelles contraintes lors de son utilisation. Des analyses de l’activité, des gestes, de l’organisation et de tout l’environnement de travail va nous permettre de mieux comprendre les effets du filet FILL sur l’activité des professionnels ». Dans les prochains mois, d’autres tests, notamment biomécaniques, vont être menés afin de s’assurer de la pertinence et de l’adéquation de cette innovation avec les attentes et les besoins des professionnels. La croissance des moules maintenues par des filets biodégradables va être comparée avec celle des moules maintenues par des filets conventionnels. De plus, des tests d’écotoxicité, seront réalisés sur des larves d’oursins pour s’assurer que les filets FILL diminuent réellement l’impact sur l’environnement.

Dans un contexte où la diminution des plastiques à usage unique utilisés dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture représente un enjeu important, les partenaires du projet FILL, de par leur complémentarité et leur expertise, espèrent aboutir rapidement à un produit efficace, durable et commercialisable.

Contact Presse : Claire ALLANOS, Plateau technique ComposiTIC, Université Bretagne Sud – claire.allanos@univ-ubs.fr – 07 64 40 04 85

Financeur : Le projet est cofinancé par la Région Bretagne et le FEAMPA Recherche & Innovation sur la thématique « Promotion des activités aquacoles durables ».

Budget : Total : 772 500,73 € , FEAMPA : 417 600,82 €, Etat : 178 971,69 €

Durée du projet : 36 mois (01/10/2024-30/09/2027)

Présentation des partenaires

Université de Bretagne Sud (UBS) – ComposiTIC & Lab‑STICC

L’UBS apporte une double expertise en matériaux et en sciences humaines. Le plateau technique ComposiTIC participe au développement des formulations biodégradables et étudie la biodégradation et le vieillissement des matériaux en milieu marin. Le Lab‑STICC analyse l’acceptabilité du nouveau filet par les professionnels, afin de faciliter son adoption. L’UBS coordonne également l’ensemble du projet avec l’appui de sa filiale, Ubside.

NaturePlast

NaturePlast est spécialisé dans les plastiques biosourcés et/ou biodégradables. L’entreprise conçoit les formulations sur mesure nécessaires au filage et au tricotage des futurs filets mytilicoles.

FILT 1860

FILT 1860, fabricant de filets normand, apporte son savoir-faire dans la conception et la fabrication des prototypes. FILT joue un rôle central dans la mise au point de filets performants et compatibles avec les pratiques professionnelles.

CETI – Centre Européen des Textiles Innovants

Le CETI intervient sur la phase de filage textile, en évaluant la capacité des formulations biodégradables à être transformées en multifilaments résistants. Grâce à ses plateformes pilotes et semi-industrielles, il optimise les paramètres d’extrusion et produit les premiers fils destinés au tricotage des filets.

SMEL – Synergie Mer et Littoral

Le SMEL apporte son expertise dans le domaine de l’aquaculture et son ancrage territorial auprès des professionnels. Il coordonne les tests en conditions réelles, assure le suivi terrain et analyse le comportement des filets en mer.

CRC Normandie Haut-de-France

Le CRC représente les entreprises mytilicoles et assure le lien direct avec les utilisateurs finaux. Il identifie les besoins des professionnels, organise les essais en mer et accompagne l’appropriation du nouveau filet.

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